Quelle mélodie nous chante Emmanuel?

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Persuadé que nous avons besoin d’une nouvelle manière de partager les richesses, libérée de la vision manichéenne des méchants patrons exploitants les gentils sans-dents mais aussi de celle des feignants phagocytant les travailleurs méritants, coincé entre une bourgeoisie d’état insupportablement pérenne et une bureaucratie syndicale ne représentant que ses intérêts, je m’apprêtait à voter blanc, tout en ayant bien conscience qu’il serait plus valeureux de voter pour une minorité visible de moins de 50 ans.
Mais allez donc déposer dans l’urne un bulletin de couleur, Il serait immédiatement déclaré nul.

Et puis en Octobre 2016, voilà que je lis le discours fondateur d’Emmanuel Macron :
« … Et enfin, pour être pleinement efficaces, nous avons besoin de ce que j’appellerais un nouveau partage démocratique.… »

Nouveau partage ? Bingo !

« … c’est rendre le pouvoir à la société. C’est fondamental. C’est le fondement de la République contractuelle dont nous avons besoin. C’est une République qui fait confiance,… »
Alors que nous en sommes à ce que le gouvernement nous explique qu’il faut nous couvrir quand il fait froid, boire quand on a soif et se moucher quand on a le nez qui coule, rappeler que l’état peut aussi responsabiliser ses citoyens est une audace… audacieuse.

« … qui considère que certaines missions peuvent être bien faites par les associations, que certaines missions peuvent être bien faites par des entreprises, par le secteur privé, que ça n’est pas lorsqu’on délègue, dans le cadre d’un service public, de manière encadrée, trahir la mission de l’Etat, mais peut-être aussi savoir être plus efficace.»

« Secteur Privé », « Efficace » : ces gros mots me ravissent.

Bien entendu, pour ce que je sais de ses positions, auxquelles je suis attentif depuis ce discours, il en est plusieurs que je ne partage pas.
Par exemple, l’augmentation préconisée du nombre d’enseignants ne me semble absolument pas le remède à la chute vertigineuse de la France au classement PISA (rappelons que nous avons brillamment dégringolé en 15 ans dans le ventre mou du classement Pisa, derrière l’Estonie, la Slovénie pour ne citer que les plus connus des pays qui nous précèdent).

Je ne suis pas fan non plus des envolées plus hystériques que lyriques de certains discours et mon âme de directeur d’acteur souffre de ne pouvoir amener ce comédien probablement doué à plus de sincérité que de technique trop visible.

Mais il coche un certain nombre de cases qui m’importent :

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Il n’a pas de casier judiciaire et veut que celui de ceux qui se présenteraient aux élections au nom de son mouvement soit vierge. Ça à l’air gadget mais il suffirait d’établir la liste de ceux de nos élus ou ministres qui ne remplissent pas cette condition pour se rendre compte que c’est loin d’être anodin. Je n’ignore pas les subtilités du casier n° 2 duquel on peut faire effacer nos frasques après 3 ou 9 ans suivant les délits. Mais on serait au moins tranquille pendant ces périodes pendant lesquelles les condamnés n’ont pas le droit de se représenter et remonter sur le manège après avoir été contraint d’en descendre pendant longtemps n’est pas si facile. Pourquoi faudrait-il un casier judiciaire vierge pour 396 métiers en France et pas pour être élu ?

Il s’était engagé a démissionner de la haute fonction publique et il l’a fait. (décret du 1er décembre 2016 paru au JO)
ce qui va l’obliger à rembourser une partie de ses études à l’Etat (ENA) car il n’a pas effectué les dix ans qu’il doit à la fonction publique.
Rare sont ceux appartenant à cette bourgeoisie d’État qui se privent de ce Golden Parachute à vie leur conférant un droit au retour permanent dans le giron de la haute administration.

Et puis quitter Bercy à 38 ans et ce que cela doit avoir de grisant me semble également relever d’une conviction intime louable même si elle est probablement mâtinée de la mégalomanie indispensable à la course présidentielle.

Il n’a pas de programme.
Heureusement ! Quelle bonne nouvelle pour moi qui n’en peux plus des dogmes de tous bords.
Son programme, il le construit de manière collaborative, à travers des comités locaux ou chacun planche sur des thématiques en fonction de ses compétences particulières. De cette somme de compétences remontent une foule d’idées dont certaines semblant particulièrement pertinentes et étayées seront reprises dans « Le programme ».

Ce collaboratif est la clef de la machine de guerre qu’est « En marche ».
Ce collaboratif est emblématique.
A mon avis, Macron est à la politique ce que Airbnb fut à l’hôtellerie et Uber aux taxis : une manière nouvelle, probablement imparfaite, mais enthousiasmante et coordonnée à son époque. Le premier candidat digital, ce que seront probablement tous les suivants.

Il n’a pas d’appareil politique.
Airbnb n’avait pas de parc hôtelier, Uber pas de flotte automobile.
Énorme avantage. Car que sont-ils devenus les partis ? Des groupements d’élus, de collaborateurs d’élus et de leurs proches, habillés de la caution populaire que sont leurs militants, base en réalité sans influence. Et les « vilains » ne s’y trompent pas. Dans un sondage Elab (Février 2016) pour le site Atlantico, 74% des français déclarent avoir une opinion négative des partis politiques.
Alors le marketing n’étant pas inutile, Emmanuel Macron estampille sa démarche différente en refusant de qualifier « En Marche ! » de parti. Il lui préfère l’appellation « mouvement », plus proche de l’agilité qui préside à l’ère du numérique.

Il n’a jamais été confronté au vote des électeurs. Macron « traine » en politique depuis 10 ans ce qui est suffisant pour connaître les us et coutume de cette « grande famille » mais contrairement à ses concurrents, il n’a pas besoin de la politique pour gagner sa vie. Cela permet d’épargner aux citoyens les éternels changements de pied en vue de garder son siège éjectable.

Son histoire personnelle particulière, outre le romantisme qu’elle évoque, démontre une qualité fort utile : celle de croire en ce qu’on veut, de s’y tenir en dépit des obstacles et des ricanements. J’imagine la force de caractère qu’il a fallu pour ignorer la désapprobation familiale, le qu’en dira-t-on des années Sciences Po et ENA avec cette Gabrielle Russier qui l’aimait et qu’il aimait. Cette capacité à naviguer par vents contraires et d’arriver au port me semble le gage d’une détermination prometteuse.

Que reste-t-il ? Trop jeune ?
Vous plaisantez, cet homme est grand-père par alliance depuis ses 37 ans.

Et pour finir, le petit côté Brutus envers François Hollande me rassure sur sa capacité à survivre en politique.

Je ne marche plus depuis trop longtemps aux promesses des caciques, aux programmes reniés juste après la signature du CDD de la mandature. Cette inactivité n’est pas bonne pour la santé.
Je crois bien que je vais me mettre En Marche…

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